Les démons d’une vie

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l y a vraiment des moments où les démons resurgissent. On a tous nos démons. Ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde mais on mène tous un combat similaire contre ceux qu’on a. Un combat répétitif, un combat de tous les instants, un combat qui s’assoupit parfois et qui à d’autres moments nous envahit tellement il est violent. On y revient toujours à ce combat, par périodes, comme un roulement sourd du rythme de la vie. Des démons de destruction. De destruction de soi, de notre construction du monde.

Φuand on grandit, je parle pas de taille ou de maturité mais plutôt de spiritualité, quand on grandit on reconnaît nos démons, là où auparavant ils étaient flous, des fantômes masqués. Mais on finit par les connaître et les reconnaître. Alors on est d’autant plus apte à les combattre. On les voit venir, leur approche est moins pernicieuse et leurs conséquences moins dramatiques. Pourtant parfois,  malgré cette conscience, malgré cette sorte de matérialisation psychique qu’on en fait progressivement au cours d’une vie, on a envie de les laisser gagner. Sans se battre. On a même envie de s’y abandonner. J’ai choisi ce mot délibérément… comme si l’abandon à ces démons pouvaient procurer une satisfaction par le biais d’une forme de souffrance. Fantasme de destruction ? Petit masochisme ? Tant qu’on est partis pour poser des mots alors posons-les.

Je suis forte. Je suis comme un petit roseau qui a beaucoup plié sous les peines et les douleurs, mais qui a toujours eu la souplesse de ne jamais rompre. Et que ceux qui se disent que je n’ai pas de quoi me plaindre prennent ma vie une seconde, entrent dans ma tête l’espace d’un instant. Alors oui je suis sensible, mais ça ne m’empêche pas d’être forte. Et parfois la force faiblit. Ça épuise. On a envie de se reposer…

C’est tout.

"Je suis venue te dire que je m’en vais"

la souffrance de l'amour

Tu m’énerves putain, tu m’saoules, maintenant faut vraiment que tu sortes de ma vie tu comprends ? J’ai besoin que tu ne sois plus rien, t’avais très bien commencé pourtant avec toute cette illusion que tu m’as infligée ! Continue juste sur ta lancée c’était très bien comme ça, et disparais ! Je sais même plus à quoi je me suis accrochée, je ne sais même plus pourquoi d’ailleurs … Tout semble tellement ridicule maintenant, et t’as pas idée à quel point je me sens conne. Et naïve aussi, surtout naïve peut-être. Alors disparais.
Parce que de toute façon même si tu disparais à 100% tu seras toujours un peu en moi. Vas comprendre, malgré toutes tes années d’absence, malgré tous tes silences, malgré tes engagements non tenus, malgré le fantôme que tu es devenu, j’ai quand même chopé tes tics je sais même pas d’où ça sort ! Qu’est-ce que ça fout là ça merde ?! Et pourquoi tout me ramène toujours à toi ?! Alors disparais et emmène tous tes souvenirs avec toi, tous nos souvenirs … Tu n’auras plus que ça pour te tenir chaud à l’hiver de ta vie toi de toute façon, nos souvenirs. Alors prends-les je n’en ai plus besoin. Ca m’encombre même, c’est un boulet à ma cheville ça m’empêche d’avancer. Mais toi, toi au lieu d’évoluer tu as dévolué, tu as tellement régressé que tu es encore plus lourd qu’eux, ces foutus boulets, et c’est toi qui es à la traîne. T’as rien compris putain. Et je sais même plus en quelle langue il faut te le dire, à quel point tu t’es planté en beauté, parce que la seule langue à comprendre c’est celle du coeur, et c’est malheureusement la seule que tu ne comprends pas. C’est marrant pour un mec si intelligent. Comme quoi, ça arrive que l’intelligence aille de paire avec la connerie. Et après tout c’est assez logique, l’intelligence est en partie constituée de sensibilité, d’humanité tu vois. Toi ta sensibilité je sais pas trop où tu l’as oubliée, entre ici et là, sur le bas côté de la route de ta vie. 
Oui j’ai mal. Mais au fond je te plains, j’ai sincèrement de la peine pour toi. Ca me touche profondément, l’idée que tu ne sois jamais heureux. Mais tu pourras t’en prendre qu’à toi même après tout. Ne m’entraîne juste pas dans ta chute, j’ai pas réussi à te rattraper. J’ai pas réussi à t’empêcher de glisser, mais j’ai pourtant fait tout ce que j’ai pu. Seulement sans y mettre du tien c’était peine perdue. On était dans la même barque toi et moi, mais j’étais la seule à ramer pour atteindre la rive, viens pas te plaindre après.
J’ai assez donné après avoir tout donné. Je suis fatiguée.

« Sait-on jamais où une femme s’en va quand elle vous quitte. »

adieu je suis venue te dire que je m'en vais

Hello September


Septembre 2016.

Le début de cette année apporte son petit lot de contrariétés, et de nouveaux défis. Cool ! Une bonne manière de se développer et d’évoluer, toujours plus loin toujours plus haut ! Bon ça c’est la vision à long terme. Importante à avoir ça va de soi. Mais dans le présent les choses restent quand même compliquées …
Oui Septembre 2016 c’est une grande avancée, c’est un changement de vie, un changement de ville, un changement de cocon et un changement de rythme. Ca fait 7 ans que je suis sortie du lycée mon bac en poche. Ca fait 7 ans que je trace mon chemin avec des tours et des détours dans mon parcours professionnel. 7 ans aussi que je me farcis des cours purement théoriques, bien qu’ils soient très intéressants. Alors oui ce temps-là a été nécessaire pour que j’en arrive à cette étape aujourd’hui, et non les années passées n’ont jamais été perdues. J’ai eu besoin de ces détours pour pouvoir me développer, et faire grandir mon esprit afin de réussir à assumer ce que je fais aujourd’hui. Je ne regrette rien, et de toute façon ça ne sert à rien de regretter. Par chez moi on dit toujours que dans la vie, le chemin d’un point A à un point B ne se fait jamais en ligne droite. Il se fait en spirale, comme un escargot, avec des cercles qui s’élargissent à chaque tour un peu plus.
Enfin, maintenant j’ai accès à un apprentissage actif, à de la pratique. Je vais pouvoir me bouger et cesser d’être une oreille collée à un bac d’université. Mais ça va être dur … J’arrive pour ma première année de Master dans une université privée, et je me rends compte avec violence de l’efficacité toute relative de l’enseignement public. J’ai toujours évolué dans des amphithéâtres de 200 personnes où aucun étudiant ne prenait la parole, se contentant de prendre soigneusement des notes sans questionner le discours du professeur. J’ai toujours évolué dans un cadre où le formatage, on ne va pas se mentir, était de rigueur. Je me trouve aujourd’hui noyée parmi des étudiants qui ont eu la chance, l’opportunité et l’habitude de développer leur esprit et leur raisonnement par eux-mêmes, d’interagir avec les enseignants en plein milieu des cours. J’ai suivi un enseignement passif, ils ont suivi un enseignement actif. Et c’est sans compter les lacunes propres à ma spécialité. Ils ont eu trois années entières pour développer des concepts selon l’orientation qu’on suit en Master, et à proprement parler je dois, de mon côté, avoir eu trois semaines pour cela. Donc j’ai grossièrement, trois ans de lacunes à rattraper le plus vite possible.
Sinon il y a la problématique du stage aussi. Les étudiants parmi les lecteurs comprendront à quel point ce moment est crucial, et aussi cruel. Pas de budget, pas de place, pas de (…). Cassage de nez et claquage de portes. Ben oui mais concrètement, cette année je dois gérer mes partiels, et effectuer aussi la rédaction de deux mémoires. Sans stage, pas de mémoire(s), sans mémoire, pas de validation. L’angoisse. C’est pourtant pas faute d’élargir le champ de mes recherches au possible, mais toutes les structures sont pleines. Encore, ce serait mon profil qui ne serait pas adéquat, ou des formulations maladroites dans mes démarches, je pourrais agir et trouver des solutions. Mais pas de places, c’est indépendant de mon contrôle et je suis si impuissante … L’impuissance. Le sentiment le pire au monde.
Ah oui, et j’allais oublier. Je dois aussi trouver un travail. Là je commence à rire. Jaune, nerveusement, employez tous les adjectifs que vous voulez, en dehors de « de bon coeur ». Sans stage, pas de planning. Sans planning pas de boulot. Sans boulot pas de sous. Je suis complètement prise dans un cercle vicieux infernal, où chaque paramètre nécessite la résolution des autres paramètres au-dessus de la pyramide. Je crois qu’un petit trou se creuse en moi, et grandit chaque jour, à chaque refus ou mauvaise nouvelle. Un petit trou de vide, de néant, de solitude et d’impuissance.
Mais je garde le sourire parce qu’il ne faut pas se laisser abattre. Je ne baisserai pas les bras, et je ne me laisserai pas submerger par le flot des difficultés. Les épreuves sont des entraînements à devenir des personnes sages et heureuses. Plus les épreuves sont lourdes et plus la victoire est grande. Alors je souris, parce que je sais profondément que je serai là où je devrais être, en temps voulu. Je sais que ce que je traverse, et la situation dans laquelle je serai, me permettront de m’épanouir, et d’épanouir les autres autour de moi. Au fond j’ai choisi ce métier pour transmettre de la lumière, de la joie et du bonheur à chaque personne croisant ma route. Et c’est ce que je ferai. Au final malgré les difficultés encore actuelles, c’est comme si j’avais déjà la victoire.
Deux mots. Persévérance. Foi.
Voilà mes bonnes résolutions pour cette nouvelle année qui commence.
Et vous, comment se déroule votre rentrée ?

– Xoxo


Le rêve ébréché

Le jour de mes 22 ans, j’ai eu l’impression de prendre 10 ans d’un coup. Pourtant un jour d’anniversaire c’est finalement un jour comme les autres. Chaque jour qui passe te fait vieillir d’un jour, et c’est pas à ton anniversaire que tu vieillis d’une année en une nuit. Pourtant, le jour de mes 22 ans a été violent. Je me suis pris d’une volée, les conséquences de mon immaturité. Aujourd’hui pile j’en ai 25, et je les subis encore ces conséquences.
Il m’a pourtant bien fallu 3 ans pour comprendre, pour intégrer l’impact de la bêtise de mes 21 ans. A l’époque j’étais tellement jeune que je n’ai rien compris. Je pensais sincèrement avoir compris, c’est le faible de la jeunesse après tout. Comprendre de façon erronée, et se convaincre qu’on est dans la vérité. A 21 ans je me sentais invincible. Le jour de mes 22 ans j’ai compris que je ne l’étais pas. Depuis, ben j’essaie simplement de me reconstruire sur la base d’une terre friable. C’est ça « être adulte » finalement, c’est apprendre à se relever quand on n’en a plus la force, c’est se convaincre qu’il y a encore de l’espoir quand les rêves de notre enfance nous ont filé sous le nez.
A 21 ans, la vie m’a mis le bonheur sur un plateau d’argent. J’avais enfin trouvé ce que je cherchais depuis tant de temps : le grand amour. Et puis le grand amour s’est envolé. Littéralement j’entends. Nous avions à peine créé un petit mois de souvenirs que nos chemins se sont séparés. Un vol de quelques heures, une installation au bout du monde. Deux obstacles : le temps et l’espace. J’étais trop jeune, je n’avais pas les capacités de le gérer. Pourtant j’aurais du le faire pour deux, et je m’en mords les doigts depuis.
L’absence m’a envahie, comme un blizzard me tordant les entrailles, me glaçant les sens et la raison. Sentiment d’abandon, je me suis brusquement sentie orpheline. La souffrance était tellement puissante qu’elle a fini par m’aveugler, et ça non plus je ne pouvais pas le gérer. J’étais perdue, je n’avais plus aucun repère. J’ai fini par perdre confiance, confiance en lui. J’ai réussi à me convaincre que les sentiments que je lui attribuais n’existaient pas, j’avais du tout inventer moi-même, et d’ailleurs si je n’avais pas fait de rentre dedans il ne se serait même rien passé du tout entre nous. Quand il me tenait des discours disant que la vie étudiante était une parenthèse dans une vie longue, que je devais en profiter, ne pas me bloquer, et surtout pas pour lui qui n’en valait pas le coup, je me sentais rejetée. Je me disais qu’il cherchait n’importe quelle excuse pour se débarrasser de moi et être libéré.
Le jour de mes 22 ans, j’ai compris le mal que je lui avais fait quand il m’a annoncé, froidement, sèchement, catégoriquement que puisque j’avais fait mon choix, il ferait le sien. Il avancerait dans sa vie. Sans moi. Je n’existais plus.
Aujourd’hui j’ai 25 ans. Et avec le recul, doublé de maturité, j’ai compris. J’ai compris que ses mots passés étaient encore plus beaux que le « je t’aime » que je me bornais à vouloir entendre. J’ai compris que ses sentiments étaient réels, et qu’il m’avait même incitée à croire en ce qu’on avait partagé. Obnubilée par ma douleur, j’ai oublié ses déclarations, dans lesquelles il disait que j’étais un rêve qu’il ne méritait pas, que si les circonstances avaient été autres, tout se serait enclenché naturellement, parce que l’évidence était évidente, et il m’aurait alors tout donné. Avec le recul, doublé de maturité, j’ai compris que là où je me sentais rejetée pour son profit personnel, en réalité il essayait de me protéger. J’ai compris que le mal qu’il ressentait en voyant ma souffrance était plus intolérable à ses yeux que sa propre douleur. J’ai compris qu’il était prêt à sacrifier son bonheur pour le mien. J’ai compris que je n’avais pas tenu mes engagements, parce que je n’étais pas prête, pas encore assez adulte, pour ouvrir les yeux sur une situation complexe mais pleine d’espoir … Maintenant j’ai compris qu’il m’avait aimée, bien mieux que moi je n’ai su l’aimer.
J’ai compris que j’aurais du m’accrocher à lui quand il était en train de dépérir au-delà de l’océan. Que j’aurais du avoir confiance en notre avenir, que j’aurais du croire en lui plutôt que de me laisser emporter par ce putain de qing, surplus d’émotions qui amène les erreurs de jugement. J’ai compris que j’avais merdé et que je risque de ne jamais me le pardonner. J’ai su l’aimer oui, mais je ne l’ai pas aimé comme il fallait, encore moins comme il le méritait.
Le tout finalement, c’est de trouver l’équilibre subtil entre l’âme d’enfant qu’on doit conserver pour réaliser nos rêves, et la stabilité adulte sur laquelle on doit les asseoir. Je veux que le quart de siècle soit synonyme de victoire, et qu’on commence enfin à écrire notre histoire.

Photographe : Lady Tori

With or Without You



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J’aimerais tellement lui dire tout ça, lui dire tout ce que j’ai sur le coeur.

D’abord, j’ai appris de mes erreurs. En lui faisant du mal je me suis flagellée moi-même. Et même si un jour il me pardonne, moi je m’en voudrai toujours pour la souffrance que je lui ai infligée. Je ne peux pas revenir en arrière pour changer ce qui s’est passé, mais honnêtement même si je le pouvais je ne le ferais pas. Après tout, j’ai fait mes choix à l’époque en fonction de mes besoins, et de mes principes. Je ne pouvais pas délibérément m’oublier, au profit d’un couple qui m’aurait tout fait abandonner. J’ai choisi de grandir, d’évoluer, j’avais besoin d’une indépendance. Et non, je n’étais pas encore prête pour le grand amour que je cherchais tant, et que j’avais enfin trouvé.
Mais maintenant c’est bon, je suis définitivement prête. J’aimerais lui dire, lui dire que maintenant je fais de lui ma priorité, et ce jusqu’à la fin de ma vie. Que si un jour je suis partie, jamais je ne recommencerais. J’aimerais lui dire que je pourrais sacrifier mes choix de carrière si ça m’apporte au quotidien la sécurité de ses bras. Je lui ai dit qu’au fond le bonheur c’était réussir à se sentir heureux et en paix même dans les situations difficiles. Mais j’ai un peu menti, je l’avoue. Le bonheur c’est juste me noyer dans le bleu de ses yeux. C’est le voir sourire. Le bonheur, ce serait m’endormir chaque soir dans ses bras, et que son visage soit la première de mes visions matinales. Le bonheur ce serait de le voir dans le regard de nos enfants, de le voir s’amuser avec eux, de les voir grandir à nos côtés. Le bonheur, ce serait simplement de finir les cheveux blancs et des rides plein le corps, en me baladant toujours avec ma main serrée dans la sienne.
J’ai pas besoin d’un super boulot, d’un gros salaire ou je ne sais quoi de si superficiel … C’est à ses côtés que je veux m’épanouir … Et je sais profondément que sans lui, le bonheur je ne l’atteindrai jamais vraiment. Je le sais depuis toujours, même si j’ai essayé de faire sans, de me contenter de moins.
J’aimerais lui dire que malgré le temps et les océans, jamais il n’a quitté mon esprit. Mon coeur lui a appartenu dès la seconde où mes yeux ont rencontré les siens. J’ai essayé de me mentir, de me fourvoyer, de me voiler la face. J’ai essayé d’oublier l’inoubliable, de surmonter l’insurmontable. Mais son absence me tordait les entrailles, elle était un poison dont seule sa présence constituait le remède. J’étais toujours seule même quand j’étais entourée. Si mon esprit vagabondait, mon coeur savait ce qu’il voulait.
Les mêmes mots tournent en boucle depuis bientôt 4 ans, les seuls presque assez forts pour dire ce que je ressens. Malgré le temps et les océans … Evidence. Cosmique.
Je sais que pour lui les mots n’ont jamais été suffisants, qu’il ne les utilise même pas pour me montrer ses sentiments. Et au fond ses mots je n’en ai pas besoin, ses baisers à eux seuls sont les plus belles déclarations qui soient. Alors là aujourd’hui, même si je pouvais lui dire tout ça, je n’arriverais même pas à le rassurer, à lui montrer ma constance et ma persévérance … Pour lui fournir des preuves, il me faut juste un peu de temps, un peu de place … un peu d’espoir, un peu de courage, un peu de risque. Et si on ne prend pas des risques par amour, pourquoi les prendrait-on ?
 » Scritch – Scritch – Scritch – Scritch – Scritch – Scritch – Scritch – Scritch – Scritch « 

Photographie : Nb-Studio