"Je suis venue te dire que je m’en vais"

la souffrance de l'amour

Tu m’énerves putain, tu m’saoules, maintenant faut vraiment que tu sortes de ma vie tu comprends ? J’ai besoin que tu ne sois plus rien, t’avais très bien commencé pourtant avec toute cette illusion que tu m’as infligée ! Continue juste sur ta lancée c’était très bien comme ça, et disparais ! Je sais même plus à quoi je me suis accrochée, je ne sais même plus pourquoi d’ailleurs … Tout semble tellement ridicule maintenant, et t’as pas idée à quel point je me sens conne. Et naïve aussi, surtout naïve peut-être. Alors disparais.
Parce que de toute façon même si tu disparais à 100% tu seras toujours un peu en moi. Vas comprendre, malgré toutes tes années d’absence, malgré tous tes silences, malgré tes engagements non tenus, malgré le fantôme que tu es devenu, j’ai quand même chopé tes tics je sais même pas d’où ça sort ! Qu’est-ce que ça fout là ça merde ?! Et pourquoi tout me ramène toujours à toi ?! Alors disparais et emmène tous tes souvenirs avec toi, tous nos souvenirs … Tu n’auras plus que ça pour te tenir chaud à l’hiver de ta vie toi de toute façon, nos souvenirs. Alors prends-les je n’en ai plus besoin. Ca m’encombre même, c’est un boulet à ma cheville ça m’empêche d’avancer. Mais toi, toi au lieu d’évoluer tu as dévolué, tu as tellement régressé que tu es encore plus lourd qu’eux, ces foutus boulets, et c’est toi qui es à la traîne. T’as rien compris putain. Et je sais même plus en quelle langue il faut te le dire, à quel point tu t’es planté en beauté, parce que la seule langue à comprendre c’est celle du coeur, et c’est malheureusement la seule que tu ne comprends pas. C’est marrant pour un mec si intelligent. Comme quoi, ça arrive que l’intelligence aille de paire avec la connerie. Et après tout c’est assez logique, l’intelligence est en partie constituée de sensibilité, d’humanité tu vois. Toi ta sensibilité je sais pas trop où tu l’as oubliée, entre ici et là, sur le bas côté de la route de ta vie. 
Oui j’ai mal. Mais au fond je te plains, j’ai sincèrement de la peine pour toi. Ca me touche profondément, l’idée que tu ne sois jamais heureux. Mais tu pourras t’en prendre qu’à toi même après tout. Ne m’entraîne juste pas dans ta chute, j’ai pas réussi à te rattraper. J’ai pas réussi à t’empêcher de glisser, mais j’ai pourtant fait tout ce que j’ai pu. Seulement sans y mettre du tien c’était peine perdue. On était dans la même barque toi et moi, mais j’étais la seule à ramer pour atteindre la rive, viens pas te plaindre après.
J’ai assez donné après avoir tout donné. Je suis fatiguée.

« Sait-on jamais où une femme s’en va quand elle vous quitte. »

adieu je suis venue te dire que je m'en vais
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Le rêve ébréché

Le jour de mes 22 ans, j’ai eu l’impression de prendre 10 ans d’un coup. Pourtant un jour d’anniversaire c’est finalement un jour comme les autres. Chaque jour qui passe te fait vieillir d’un jour, et c’est pas à ton anniversaire que tu vieillis d’une année en une nuit. Pourtant, le jour de mes 22 ans a été violent. Je me suis pris d’une volée, les conséquences de mon immaturité. Aujourd’hui pile j’en ai 25, et je les subis encore ces conséquences.
Il m’a pourtant bien fallu 3 ans pour comprendre, pour intégrer l’impact de la bêtise de mes 21 ans. A l’époque j’étais tellement jeune que je n’ai rien compris. Je pensais sincèrement avoir compris, c’est le faible de la jeunesse après tout. Comprendre de façon erronée, et se convaincre qu’on est dans la vérité. A 21 ans je me sentais invincible. Le jour de mes 22 ans j’ai compris que je ne l’étais pas. Depuis, ben j’essaie simplement de me reconstruire sur la base d’une terre friable. C’est ça « être adulte » finalement, c’est apprendre à se relever quand on n’en a plus la force, c’est se convaincre qu’il y a encore de l’espoir quand les rêves de notre enfance nous ont filé sous le nez.
A 21 ans, la vie m’a mis le bonheur sur un plateau d’argent. J’avais enfin trouvé ce que je cherchais depuis tant de temps : le grand amour. Et puis le grand amour s’est envolé. Littéralement j’entends. Nous avions à peine créé un petit mois de souvenirs que nos chemins se sont séparés. Un vol de quelques heures, une installation au bout du monde. Deux obstacles : le temps et l’espace. J’étais trop jeune, je n’avais pas les capacités de le gérer. Pourtant j’aurais du le faire pour deux, et je m’en mords les doigts depuis.
L’absence m’a envahie, comme un blizzard me tordant les entrailles, me glaçant les sens et la raison. Sentiment d’abandon, je me suis brusquement sentie orpheline. La souffrance était tellement puissante qu’elle a fini par m’aveugler, et ça non plus je ne pouvais pas le gérer. J’étais perdue, je n’avais plus aucun repère. J’ai fini par perdre confiance, confiance en lui. J’ai réussi à me convaincre que les sentiments que je lui attribuais n’existaient pas, j’avais du tout inventer moi-même, et d’ailleurs si je n’avais pas fait de rentre dedans il ne se serait même rien passé du tout entre nous. Quand il me tenait des discours disant que la vie étudiante était une parenthèse dans une vie longue, que je devais en profiter, ne pas me bloquer, et surtout pas pour lui qui n’en valait pas le coup, je me sentais rejetée. Je me disais qu’il cherchait n’importe quelle excuse pour se débarrasser de moi et être libéré.
Le jour de mes 22 ans, j’ai compris le mal que je lui avais fait quand il m’a annoncé, froidement, sèchement, catégoriquement que puisque j’avais fait mon choix, il ferait le sien. Il avancerait dans sa vie. Sans moi. Je n’existais plus.
Aujourd’hui j’ai 25 ans. Et avec le recul, doublé de maturité, j’ai compris. J’ai compris que ses mots passés étaient encore plus beaux que le « je t’aime » que je me bornais à vouloir entendre. J’ai compris que ses sentiments étaient réels, et qu’il m’avait même incitée à croire en ce qu’on avait partagé. Obnubilée par ma douleur, j’ai oublié ses déclarations, dans lesquelles il disait que j’étais un rêve qu’il ne méritait pas, que si les circonstances avaient été autres, tout se serait enclenché naturellement, parce que l’évidence était évidente, et il m’aurait alors tout donné. Avec le recul, doublé de maturité, j’ai compris que là où je me sentais rejetée pour son profit personnel, en réalité il essayait de me protéger. J’ai compris que le mal qu’il ressentait en voyant ma souffrance était plus intolérable à ses yeux que sa propre douleur. J’ai compris qu’il était prêt à sacrifier son bonheur pour le mien. J’ai compris que je n’avais pas tenu mes engagements, parce que je n’étais pas prête, pas encore assez adulte, pour ouvrir les yeux sur une situation complexe mais pleine d’espoir … Maintenant j’ai compris qu’il m’avait aimée, bien mieux que moi je n’ai su l’aimer.
J’ai compris que j’aurais du m’accrocher à lui quand il était en train de dépérir au-delà de l’océan. Que j’aurais du avoir confiance en notre avenir, que j’aurais du croire en lui plutôt que de me laisser emporter par ce putain de qing, surplus d’émotions qui amène les erreurs de jugement. J’ai compris que j’avais merdé et que je risque de ne jamais me le pardonner. J’ai su l’aimer oui, mais je ne l’ai pas aimé comme il fallait, encore moins comme il le méritait.
Le tout finalement, c’est de trouver l’équilibre subtil entre l’âme d’enfant qu’on doit conserver pour réaliser nos rêves, et la stabilité adulte sur laquelle on doit les asseoir. Je veux que le quart de siècle soit synonyme de victoire, et qu’on commence enfin à écrire notre histoire.

Photographe : Lady Tori

Au-delà du temps et de l’espace


Vous savez ce que ça fait vous, de rencontrer la personne faite pour vous, et pour laquelle vous êtes fait(e), par delà les mondes et au-delà des vies ?
C’est merveilleux. Croiser ce regard pour la première fois, c’est comme une petite mort pour renaître à la vie. C’est comme une clairvoyance extrême de toute son existence, une seconde pendant laquelle le passé et le futur se mêlent comme s’ils ne formaient qu’un seul et même concept. Finalement ce n’est pas une rencontre, ce sont des retrouvailles, les retrouvailles de deux âmes qui se connaissent déjà depuis la nuit des temps. Deux âmes nées d’une même flamme éternelle … Des âmes jumelles, bien plus que des âmes sœurs. Tout à coup tu te sens complet-ète, comme si les pièces éparpillées du puzzle de ton être venaient brusquement de s’assembler. Cosmique, tu te relies directement à l’énergie de l’univers, à son essence. Un seul mot peut décrire ce qui vous lie : Évidence.

Évidence. Ce mot qui me martèle l’esprit depuis ce moment-là. Évidence, ce mot qui tel un murmure, vient chanter à mon oreille au moindre souffle du vent, aussi présent que l’est le son du battement de mon cœur.
Vous savez ce que ça fait vous, la déchirure que ça représente, quand cette personne faite pour vous et pour laquelle vous êtes fait(e), vous est retirée ?
Cette fois ce n’est pas une petite mort pour une renaissance, ce n’est même pas une mort tout court. C’est pire que ça. C’est une douleur qui te tombe dessus, et qui te fracasse le crâne. Et puis ça te fend en deux, et ça te fracasse le cœur. C’est le sentiment de ne plus jamais pouvoir être heureux, pas sans l’autre. L’absence est tellement poignante que le nirvana est inconcevable. Folie.
Tu tournes doucement et inexorablement dans la folie. Pas une folie délirante, non, mais une perte de repères totale. Tu sens ton cerveau déambuler, tourner à vide sous ton crâne. Tu prends des décisions qu’il ne fallait pas prendre. Bref t’es perdu quoi. Et tu te demandes : « Maintenant c’est quoi la vie ? »
Bah la vie, c’est brutalement devoir se tourner vers autre chose. Se contenter de moins. Mais le bonheur et l’amour, devraient toujours se contenter du meilleur, au moins du meilleur. Alors quand tu as connu le meilleur et que tu ne l’as plus, tu fais comment ? Moi je refuse de faire des concessions pour mon bonheur, il doit être total, ou rien. Angoisse.
Ça te pénètre et t’envahit au point de se coller à toi comme une seconde peau, l’angoisse. Tu perds le sens de tout, ou tu donnes du sens à rien, à des petits rien insignifiants. Dans un sens ou dans l’autre, tout prend des proportions énormes. La vérité c’est que même quand ton corps s’active ton âme est léthargique, plombée et lourde. Je crois, à bien y regarder, qu’elles viennent de là mes crises d’angoisse, ces moments où mon cœur a des crampes (au sens propre) et où la douleur m’empêche de respirer. Ça vient de son absence … Pourtant tu essaies et tu te voiles la face, tu t’auto-convaincs de ce qui n’existe pas, mais tu n’arrives pas à construire quoi que ce soit. Tu cumules les rencontres pour te donner l’impression qu’il n’y a pas de vide, mais la solitude te frappe inlassablement. Te fais nager, et te noyer dans ce putain de trou béant qui a remplacé sa présence. Les souvenirs deviennent fantômes, à tel point qu’un jour tu te réveilles en te demandant si finalement ce n’était pas juste un rêve. Mais ton cœur lui se souvient. Ton cœur n’oubliera jamais, tu peux lui faire confiance, lui, il sait. Il sait que c’était vrai. Et il tremble de ce qu’il a perdu. Regret.
En fait non, je ne regrette rien. J’ai fait ce qui était cohérent avec mes besoins et mes principes. Je ne regrette pas mes erreurs, elles n’étaient pas là pour rien. J’espère juste que la vie nous redonnera une chance, un jour. Quand on sera prêts, l’un et l’autre. Parce que l’amour c’est une aventure, mais c’est avant tout une quête épineuse pour apprendre, le soi, l’autre, le « nous » qui se forme. Après tout je crois sincèrement que deux âmes éternellement liées doivent se rencontrer pendant plusieurs vies, avant de pouvoir un jour partager leur amour. La destruction est tellement facile si l’on manque de sagesse … J’étais pas prête…
Bref. Dans peu de temps je vais le revoir. Après des années … Je vais le revoir. Le temps dira si maintenant je suis prête …

Mon amie la rose

« On est bien peu de choses,  et mon amie la rose me l’a dit ce matin. A l’aurore je suis née, baptisée de rosée, je me suis épanouie, heureuse et amoureuse, me suis fermée la nuit »

Cécile Caulier
Je ne suis pas certaine d’avoir envie d’écrire mes maux ce soir, enfin pas ceux de ce soir en tout cas. Parfois la peine est telle que tu ne trouves plus tes mots, la solitude tellement forte qu’elle te cloue le bec. Juste, je suis fatiguée. Tellement fatiguée … J’en peux plus de lutter dans cette société, de lutter pour trouver ma place, dans un monde où c’est à celui qui souffrira le plus. Ouais parce que finalement : « T’es pas pauvre et à la rue ? T’es en bonne santé ? Bah alors pourquoi tu te plains, te plains pas, tellement de gens rêveraient d’avoir ta vie ! » Et tu sais quoi de ma vie, toi qui parles un peu trop vite ? La souffrance ne se compare pas d’un individu à un autre … Qui tu es pour me dire que j’ai pas le droit d’avoir mal, sous prétexte qu’à tes yeux extérieurs ma vie est belle ? Chacun n’a pas les mêmes combats, on a tous une obscurité différente. Chaque jour je me bats contre mes ténèbres, en essayant de faire en sorte que la lumière grignote un peu plus leur terrain. Jamais je ne me permettrais, moi, de comparer tes difficultés avec les miennes. On ne peut pas comparer l’incomparable …
Regarde les cernes que t’as sous les yeux, t’en as pas assez de tromper ton monde ? De faire croire que tout va bien alors que tu tombes littéralement, que t’arrives pu à dormir, et que même quand tu le fais tu es incapable de te reposer ? T’en as pas marre d’afficher ce faux sourire ? Ca sonne mal j’te dis, c’est pas cohérent. Ca fait de la peine aussi, de sentir la lourdeur de ta tristesse sous tes paupières. Quand on y regarde de plus près, au-delà de ces lèvres retroussées, on voit bien que t’as le regard éteint. Tu souris même pu avec les yeux, ta bouche n’est qu’un masque figé. Qui est-ce que tu crois tromper ? –
Fiou, ça fait du bien quand même …


La vie est une partie d’auto-tamponneuses

On se crée des carapaces de protection, et les interactions sociales consistent à cogner ces carapaces les unes contre les autres. On n’arrive plus à se comprendre. On peine à se toucher.

Les cœurs sont inaccessibles, trop emballés de papier à bulles.



En fait la vie c’est une partie d’auto-tamponneuses. 


La vérité c’est que la nuit, j’écrabouille ma peluche contre moi tellement je me sens seule. La vérité c’est que même quand j’affiche un sourire réjoui, je pleure au fond de moi. Je fais tout pour continuer à marcher droit, même quand la terre tourne de travers autour de moi.

Sauf que maintenant je n’ai plus la force. Je n’ai plus la force de continuer à avancer. Je crois que je vais m’asseoir, et regarder ma vie défiler, les bras encerclant mes mollets et le menton posé sur les genoux. C’est ce qu’il y a de mieux à faire.


Xoxo – Love.