Du bonheur

(Oups, titre plagié sur Frédéric Lenoir…)


Aujourd’hui mes petits loups on va parler du bonheur. Et qu’est ce que le bonheur ? Vaste question me direz vous. Chacun voit midi à sa porte après tout, donc la variété de réponses est au moins aussi conséquente que le nombre d’êtres vivants existant sur terre. Enfin si on rentre dans les détails… parce que dans les faits le bonheur tient à peu de choses.

Le conflit, cette bénédiction.

Par exemple, je vis une relation conflictuelle depuis des années avec quelqu’un que je ne peux absolument pas sortir de ma vie. Après une soirée de gros éclats de voix où chacun de nous a vidé son sac, je me sentais tout aussi vidée. De ma joie, de mon énergie, de mes espoirs… pourtant, je me suis réveillée un matin en prenant ce conflit sous l’angle de la bénédiction. Masochiste la nana me direz-vous. Et bien non, regardons de plus près. Le conflit entre nous tenait dans la difficulté à communiquer. Nous interprétions toujours les paroles de l’autre de travers, en le pensant énervé ou vexé par exemple. Ainsi, pour donner une petite métaphore de plomberie, notre tuyau de communication n’avait de cesse, au fil des ans, de s’encrasser de tout un tas de saloperies. Le conflit mentionné plus haut avait cela de bénéfique qu’il nous a permis de mettre carte sur table, et chacun a reproché à l’autre ce qu’il gardait au fond du coeur depuis trop longtemps. Bien sûr ça faisait mal et ça énervait. Mais nous avons crevé l’abcès pour pouvoir recréer des bases de communication saines. Ce processus douloureux était nécessaire pour décrasser le tuyau, et pour que l’eau claire s’en écoule à nouveau. Prendre conscience de ce phénomène est déjà une première étape vers le bonheur.
Finalement, le bonheur peut venir d’un simple « ça va aujourd’hui ? », quand on sait ce qu’il en a coûté pour bénéficier de ce petit rien. Petit rien qui veut dire tant de choses… petit rien qui veut dire : je t’ai écoutée, tu comptes pour moi alors je prends tes besoins en considération. Petit rien banal au quotidien, mais qui est une autre étape dans le bonheur. Le bonheur nous vient de peu de choses, quand on a fait suffisamment de chemin pour le gagner.

Les tuyaux encrassés

Il en va de même pour toutes les souffrances de la vie au fond. Cette histoire n’est qu’un exemple, mais le tuyau encrassé peut se manifester de bien des manières dans la vie des gens. Il peut être l’image d’un événement, d’une suite de situations, ou être en lien avec une tierce personne. Qui n’a jamais observer des situations se répéter, dans sa propre vie ou sur un ensemble de générations ? Chez certains cela prendra la forme de conflits qui se perpétuent de père en fils. Chez d’autres, cela peut être sous forme de rencontres successives de partenaires qui partagent les mêmes tendances de vie, nocives pour soi. Pour d’autres encore, il peut s’agir d’une incapacité à dire « non » ou « stop », ce qui génère une quantité de travail quotidien qui s’accumule sans jamais désemplir, et ce quel que soit le poste exercé par la personne concernée. Toutes ces situations, que je pourrais appeler d’ordre karmique, provoquent des souffrances qui peuvent être purgées comme un tuyau encrassé. La première étape du nettoyage est toujours une petite explosion de douleur, elle nous met face à des réalités que nous nous sommes cachées, que nous avons évitées. Mais la prise de conscience de soi et de la situation nous libère. Parce que non, nous n’avons pas besoin d’être parfaits pour être heureux !

Le bonheur accessible à tous.


Nous n’avons pas besoin d’être parfaits, je dirais même que nous ne devons pas être parfaits. Notre richesse personnelle tient en partie de nos imperfections. Nous avons le DROIT d’être heureux tels que nous sommes. Je vais même pousser le bouchon un peu plus loin, nous avons le devoir d’être heureux tels que nous sommes. C’est un devoir que nous avons envers nous-mêmes parce que nous le méritons. Non je veux dire, nous le méritons vraiment ! Nous avons tous dans nos vies des démons passagers qu’on peut éradiquer comme on nettoie notre tuyau encrassé. Mais nous avons tous aussi des démons de vie, ceux qu’on devra combattre jusqu’à la fin de nos jours. Ceux là, ce sont des tuyaux qui, après avoir été purgés, s’encrassent à nouveau. Plus ou moins vite, plus ou moins abondamment. Ces combats constituent un travail de longue haleine, mais il faut toujours garder à l’esprit que dans chaque obscurité il y a une parcelle de lumière à trouver. Et quand on se concentre sur la parcelle de lumière, si petite soit-elle, elle peut se multiplier à l’infini. Après tout, si on oublie le sens figuré, avez vous déjà vu l’obscurité remporter la victoire sur la lumière ? Non. La lumière avale l’obscurité mais l’obscurité n’avale pas la lumière. 《Si, quand la nuit tombe l’obscurité avalé la lumière !》me direz-vous peut-être. Personnellement je vois plutôt les choses comme une course inversée, quand le jour grignote la nuit par la queue, la nuit a alors la place pour se répandre par le tête. Si la nuit tombe c’est parce que le jour s’éloigne, et non parce que la lumière faiblit. Il en va de même chez l’être humain, la lumière de notre âme se répand en emportant toute obscurité sur son passage, si tant est qu’on insuffle de l’énergie à la lumière. Bref. Certains combats sont passagers, d’autres sont éternels. Mais ces combats contre nos démons, qu’ils aient pour noms Avidité, Colère ou encore Orgueil pour n’en citer que quelques uns, nous poussent sans cesse à nous dépasser. Et nous avons alors la satisfaction de devenir meilleur que nous-mêmes. Être meilleur que les autres n’est pas de grande importance finalement, ce n’est pas ce qui nous fait gagner en sagesse.
Oui nous avons tous des démons, mais notre bonheur dépend de notre perspective. Ne les voyons pas comme des ennemis mais comme des amis, qui nous font grandir au-delà de nous-mêmes.

Le lâcher prise.

Les tuyaux encrassés nécessitent une prise de conscience de nos processus ou de la situation vécue pour être purgés. Cela implique un lâcher prise de nos peurs, un lâcher prise de nos illusions. Les conflits peuvent être porteurs, et chacune des épreuves de la vie constitue un apprentissage. La prise de conscience de nos processus internes ne peut se faire totalement sans acceptation de soi. Il faut faire tomber le masque et arrêter de se voiler la face, notre obscurité est aussi belle que notre lumière si on arrive à négocier avec.

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2 commentaires sur « Du bonheur »

  1. Merci. Je suis tombé sur ton blog un peu par hasard et pour le coup je te remercie parce que tu as répondu à certaine questions que je me posais. Enfin disons que j ai un début de réponse sur ce que je ressent et la manière dont je dois réagir. Encore merci pour ton aide ^^

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  2. Rien ne pouvait me faire plus chaud au coeur qu'un feedback pareil ! Je suis ravie de t'avoir un peu aidé, et je suis toute disposée à discuter avec toi si tu repasses ici et que tu en as l'envie. Tu trouveras une adresse e-mail dans l'onglet « About » en haut de la page !

    En tout cas merci en retour, sincèrement !

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